• L’étymologie

    Les mots sont comme des êtres vivants. Ils ont un début  (néologisme), une vie au sein d’une ou plusieurs langues, puis parfois une fin (archaïsme). Au fil du temps et au cours de l’histoire, un mot évolue sémantiquement. La science qui s’intéresse à l’histoire d’un mot s’appelle l’étymologie. 

     

     

     Qu’est ce que l’étymologie ?

    L’étymologie est une science qui relève de la linguistique et qui s’intéresse à l’étude de l'origine des mots et de leur évolution. Le terme étymologie provient du grec etumologia, composé de ἔτυμος, étumos (« vrai ») et de λόγος, lógos (« parole »), signifiant « le vrai sens d’un mot ».

    Pour l’écrivain français Roland Topor (1938-1997) l’« Étymologie : le casier judiciaire des mots. »

     

    Le rôle de l’étymologie

    L’étymologie est une science qui a plusieurs objectifs parmi lesquels il convient de citer :

    ü Suivre l’évolution sémantique d’un mot au cours de l’histoire depuis sont attestation dans un dictionnaire à nos jours ; 

    ü Etablir la relation entre un mot est son étymon. L’étymon est en quelque sorte l’ancêtre d’un mot ;

    ü Comprendre le sens de certains mots. Le mot français « rien » par exemple provient du latin « res » signifiant « quelque chose », un sens qui s’oppose diamétralement à celui que l’on connaît aujourd’hui. C’est grâce  à l’étymologie que l’on peut comprendre aujourd’hui l’expression  « trois fois rien » qui veut dire « peu ».  Dans ce restaurant, on mange pour trois fois rien, c’est-à-dire en versant peu d’argent.

     

     

    Qu’est-ce qu’un doublet ?

     

     

    En linguistique, un doublet ce sont deux mots provenant du même étymon, mais de sens différents et dont l'un est de formation populaire et l'autre de formation savante. Par exemple le verbe « écouter »  de formation populaire et « ausculter »  de formation savante. Les deux mots sont issus d’un seul étymon à savoir, le mot latin « auscultare ». On dit que « écouter » et  « ausculter » forment un doublet.

     

     Attention à l’étymologie populaire !

     

    L’étymologie populaire est un rapprochement que font les locuteurs d’une langue  entre un mot et son origine supposée, par analogie de forme ou de sens. L’étymologie populaire induit souvent un locuteur en erreur.

     

    L’origine de l’étymologie populaire

     

     

    Le phénomène de l’homonymie (ressemblance phonétique entre des éléments lexicaux), l’homophonie (ressemblance de prononciation de mots : vert, verre), l’homographie (des mots ayant la même orthographe mais qui n'ont pas le même sens : avocat, avocat) et l’attraction paronymique (Influence exercée par un mot sur l’un des ses paronymes. Par exemple jour ouvrable est compris chez certains le jour où l’on ouvre les magasins et les bureaux, alors qu’on réalité ouvrable provient de l’ancien verbe ouvrer, actuellement œuvrer).

     

    Exemples d’étymologie populaire

     

     

    • Ø    Pour de nombreux français, le mot « choucroute » provient de deux mots à savoir, « chou » et « croûte » alors qu’on réalité ce mot provient de l’allemand « sauerkraut ».
    • Ø    Pour de nombreux Algériens le nom de la ville de Constantine située au Nord-est de l’Algérie  provient du mot arabe (قصر التينة, château du figuier), pour d’autres il provient de l’arabe (قصر الطينة, château fait avec de l’argile). Alors qu’on réalité le mot Constantine est issu du nom de l’empereur romain Constantin Ier, le fondateur de cette ville.

     

    NB.: Les titres qui donnent une main renvoient à d'autres sites. Il faut tout simplement cliquer. 

     

    Zoubir YAHIAOUI

     

    Zoubir.yahiaoui04@gmail.com 

    L’étymologie

     

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  • La fable

    La fable est un récit de fiction, généralement  en vers,  qui se termine par une leçon de morale ou une réflexion critique.

    L’origine du mot fable

    Fable est formée à partir du mot latin "Fabula", lui-même est issu du verbe   " fari "  signifiant   "parler». Ce terme latin signifie tout d’abord "propos, paroles", avant de prendre  le sens de "histoire".

    L’origine de ce genre

    « D’origine très ancienne, la fable se développe dans toutes les cultures et se transmet d’abord oralement. Les premières fables proviennent de l’Orient avec le Panchatantra qui rassemble contes et fables de la péninsule indienne, et de l’Occident avec les œuvres du Grec Ésope. Réunies par le fabuliste romain Phèdre au 1 er siècle de notre ère, les fables d’Ésope inspirent les poètes du Moyen Âge. Au XVIIe siècle, Jean de La Fontaine adapte les fables d’Ésope et de Phèdre en cherchant tout autant à plaire qu’à instruire. Tous les auteurs qui ont succédé à La Fontaine l’ont plus ou moins imité. Aux XIXe et XXe siècles, le Livre de la jungle (1894-1895) de Rudyard Kipling ou la Ferme des animaux (1945) de George Orwell cultivent l’esprit de la fable. »

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    Les caractéristiques de la fable

    • Les personnages sont généralement des animaux, mais parfois aussi des humains ;
    • Les noms des animaux portent une majuscule car en réalité ils font référence aux humains ;
    • Les animaux ont une symbolique : Le lion symbolise la force, le renard la ruse, tandis que l’agneau symbolise la naïveté ;
    • La fable se termine souvent par une leçon de morale, c’est le cas des fables Jean de la Fontaine. Toutefois la leçon de morale peut se manifester au début de la fable, c’est le cas notamment dans L'aveugle et le paralytique de Jean-Pierre Claris de FLORIAN ;
    • La fable est souvent en vers ;
    • La dualité du titre : La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard… ;
    • Changement de statut, c’est –à-dire le personnage qui possède la position dominante au début de la fable « tombe en disgrâce » et vice-versa.  Dans la fable Le Corbeau et le Renard, Le corbeau était en position de force (possède un fromage) puis à la fin c’est au tour du renard de prendre le dessus (c’est le goupil qui possède le fromage).   

    L’architecture textuelle de la fable

    « La structure traditionnelle de la fable est cependant presque toujours la même : énonciation d’une problématique (« La raison du plus fort est toujours la meilleure : », « le Loup et l’Agneau » de Jean de La Fontaine), le récit d’une action et enfin une conclusion soit directement ancrée dans le récit avec une apothéose finale et pertinente (« Le Loup l’emporte, et puis le mange, / Sans autre forme de procès », op. cit.), soit sous forme de moralité (« Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : / Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, / Tout petit prince a des ambassadeurs, / Tout marquis veut avoir des pages. », « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf » de Jean de La Fontaine). »

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    La fonction d’une fable

    • La fonction divertissante

    La fable est un récit divertissant dans la mesure où elle met en scène un mode plein d’animaux sur un fond comique.

    • La fonction instructive  

    La fable a une fonction instructive, éducative ou didactique  dans la mesure où elle vise à inculquer au lecteur une leçon de morale.

    • La fonction dénonciatrice

    Le fabuliste (l’auteur d’une fable) dénonce certains vices de la société via ses fables. C’est le cas par exemple de la paresse dans la fable La Fourmi et la Cigale de Jean de la Fontaine.

     

    NB: les titres qui donnent la main en bleu sont des titres qui renvoient à des vidéos sur YouTube. Cliquez pour visualiser ces vidéos en lien avec le thème traité, à savoir la Fable.

     

     

    Article réalisé par Zoubir Yahiaoui 

    La fable

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  • Le conte 

    Le conte est un récit d’aventures imaginaires qui mêle à la fois la vraisemblance ainsi que  le féerique et le merveilleux. Avant de rejoindre l’écrit, le conte est d’abord issu de la tradition orale. «   Le conte est un récit de fiction généralement assez bref. Le conte rapporte des aventures ou des événements imaginaires, parfois merveilleux. La vocation du conte est de distraire mais il peut en outre avoir une vertu pédagogique (c’est-à-dire transmettre un enseignement, un message). Il est parfois difficile de le distinguer de la nouvelle, qui est également une forme narrative brève. »

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    Origine du mot « conte »

    Le mot  « conte » provient du latin computare qui signifie «dénombrer », « raconter ».

     

     

     

    Les différents types de conte

    Le conte

    Source : http://www.alloprof.qc.ca/BV/pages/f1062.aspx 

     

    Les caractéristiques d’un conte

    1)    * Les personnages ont des surnoms ou sont désignés par leur fonction chasseur, bucheron ou par leur statut social roi, reine.

    2)    * Personnages sont parfois imaginaires : fées, sorcières, ogres, magiciens.

    3)    * Le dualisme : le bon conte le méchant.

    4)    * Vocabulaire mélioratif pour le héros (beau, gentil, courageux…)

    5)    * Vocabulaire péjoratif pour l’anti héros (laid, jaloux, méchant…)

    6)   *  Le cadre spatio-temporel n’est pas précis (forêt, pays lointain, il était une fois…)

    7)    * La présence du merveilleux (intervention de forces surnaturelles)  comme le miroir qui parle.    

     

    La structure d’un conte

    ·        La situation initiale : c’est le début d’un conte. Elle commence par des formules d’ouvertures comme : Il était une fois, jadis. On trouve généralement dans cette partie la chronotope (lieu et temps de l’histoire) ainsi que les personnages principaux. 

    ·        L’élément perturbateur ou modificateur : est l’évènement qui va perturber la sérénité des personnages et qui va mettre fin à la situation initiale. Certains mots comme un jour, soudain, tout à coup annonce le début des événements et l’élément perturbateur.

    ·        Les événements : c’est l’ensemble de péripéties qui font progresser le récit.

    ·        Le dénouement : c’est le moment ou le héros atteint ou échoue à atteindre son objet de quête.

     

    ·        La situation finale : c’est la fin des événements et le récit trouve son équilibre comme il était dans la situation initiale. Elle parfois précédée par des formules de clôture à l’instar de en fin, depuis ce jour là… 

     

     

    Le schéma narratif du conte Cendrillon

     

    Le conte

     

    Les personnages et leur rôle dans un récit : Le schéma actanciel

    Dans un récit il y a plusieurs personnages. Les uns aident le héros ou l'héroïne. Tandis que d'autres s'opposent à lui pour l'empêcher d'atteindre son but. Le schéma actanciel de Greimas est la parfaite illustration de la distribution de ses personnages.

    Dans un texte narratif on trouve :

    Le destinateur : est celui qui envoie le héro pour lui ramener quelque chose ;

    Le sujet : est le héro qui va à la recherche de la quête ;

    La quête : est l'objet recherché par le sujet ;

    L'adjuvant : est celui qui aide le héros dans sa quête :

    L'opposant : est celui qui s'oppose au héros dans sa quête ;

    Le destinataire : est le bénéficiaire du travail du héros.

     

    L'application de ce schéma à un texte 

    Exemple :

    • Un roi (émetteur) demande à son fils (héros) d'aller chercher un Élixir contre la mort (objet), et la lui remettre (l'émetteur est ici le destinataire). Pour atteindre son but, le héros devra se protéger du vent glacial et de la neige (opposants) dans une vielle chaumière (adjuvant), puis combattre un cerbère (opposant) qu'il tuera grâce à l'aide d'une épée magique (adjuvant) donnée par une fée (adjuvant).

     

    Le schéma actanciel

    Le conte

     

    Les temps qui dominent dans un conte

    L’imparfait de l’indicatif pour la description et la passé simple pour les actions. 

     

     

    Article réalisé parZoubir Yahiaoui

     

     

     

     

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  • Bien cordialement, mes cher(e)s étudiant(e)s     Zoubir Yahiaoui    

     

    Les fonctions de Vladimir PROPP

    Le récit est un enchaînement logique d’actions entrecoupées de description qui peuvent être regroupées en séquences narratives. L’action (le faire) est commune à tous les récits, les narratologues l’appellent « fonction » unités narratives minimales que l’on retrouve d’un conte à l’autre. Pour folkloriste russe Vladimir PROPP, la fonction est l’action d’un personnage définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue pour les contes merveilleux, il en a distingué 31. Ces fonctions peuvent ne pas apparaître toutes dans un conte, chaque conte réalise certaines d’entre elles, mais elles s’enchaînent dans un ordre identique qui ne doit pas être perturbé par le conteur, libre par contre dans le choix des fonctions ou dans leur omission. Elles se regroupent par couples (Interdiction/Transgression, Combat/Victoire), ou sont isolées (Mariage par exemple).

    La morphologie du conte. Le cas du conte le merle blanc.

    Liste des 31 fonctions de Propp 

    0.      Situation initiale : Ouverture, présentation des personnages.

    1.      Éloignement : Un des membres de la famille part ou meurt.

    2.      Interdiction : Le héros reçoit une interdiction.

    3.      Transgression : L'interdiction est transgressée.

    4.      Interrogation : L’agresseur essaie d’obtenir des renseignements.

    5.      Information : L’agresseur reçoit des informations sur sa victime.

    6.      Tromperie : L’agresseur tente de tromper sa victime pour s’emparer d’elle ou de ses biens.

    7.      Complicité : La victime se laisse duper et aide son ennemi malgré elle.

    8.      Méfait : L’agresseur nuit à l’un des membres de la famille/ Le manque : Les héros ou l’un des membres de sa famille a envie de posséder quelque chose.

    9.      Médiation ou Transition : Le méfait ou le manque est connu, le héros part (ou y envoyé) pour y remédier.

    10.  Début de l’action contraire : Le héros accepte ou décide d’agir.

    11.  Départ : Le héros quitte sa maison.

    12.  Première fonction du donateur : Le héros subit épreuve, questionnement ou attaque qui le préparent à la réception d’un objet ou d’un auxiliaire magique.

    13.  Réaction du héros : Le héros réagit aux actions du futur donateur.

    14.  Réception de l'objet magique : Le héros reçoit l’objet magique.

    15.  Déplacement : Le héros est transporté ou conduit près du lieu où se trouve l’objet de sa quête.

    16.  Combat : Le héros et son agresseur s’affrontent.

    17.  Marque : Le héros reçoit une marque (blessure, baiser ou objet…).

    18.  Victoire : L’agresseur est vaincu.

    19.  Réparation : Le méfait initial est réparé ou le manque comblé.

    20.  Retour : Le héros revient.

    21.  Poursuite : Le héros est poursuivi et / ou agressé.

    22.  Secours : Le héros est secouru ou arrive à s’enfuir.

    23.  Arrivée incognito : Le héros arrive incognito chez lui. 

    24.  Prétentions mensongères : Un faut héros fait valoir des prétentions mensongères.

    25.  Tâche difficile : On propose au héros une tache difficile.

    26.  Tache accomplie : L héros réussit.

    27.  Reconnaissance : Le héros est reconnu comme tel, souvent grâce à sa marque.

    28.  Découverte : Le faux héros ou l’agresseur est démasqué.

    29.  Transfiguration : Le héros reçoit une nouvelle apparence.

    30.  Punition : Le faux héros ou le l’agresseur est puni.

     31.  Mariage : Le héros se marie et monte sur le trône.

     

     

    Le merle blanc

     

    [Un roi assez vieux avait trois fils. Les deux aînés étaient méchants, emportés, brutaux même. Quant au cadet, il était doux mais assez simple d’esprit.] Séquence 1

     

    [Un certain jour, le roi les assembla tous trois et leur dit :

    - On m’a assuré qu’à cinquante lieues d’ici, il y a une bête merveilleuse qu’on nomme le merle blanc. Cette bête a le pouvoir de rajeunir celui qui peut la posséder. Me voilà avancé en âge : si donc quelqu’un pouvait m’apporter cette bête merveilleuse, je suis disposé à le récompenser par ma couronne.] Séquence 2

     

    [L’aîné prenant alors la parole, demanda à son père de le laisser aller à la recherche du merle blanc et déclara qu’il ne reviendrait point sans l’avoir trouvé.

    Le roi lui fit donner des armes, un bon cheval et de l’argent, le laissa partir.

    Après avoir marché bien longtemps, il arriva dans une grande et belle ville où régnait alors un roi débonnaire et ami du plaisir. Le prince, bien accueilli par les habitants qui le voyaient porteur d’un beau sac rempli d’or, ne tarda pas à être introduit au milieu de la cour dissipée du roi régnant. De sorte que, un an après son départ, il n’était pas encore de retour.] Séquence 3

     

    [Voyant cela, le second fils du roi partit à la recherche du fameux merle blanc, emportant comme son frère un beau cheval, des armes et de l’or. Il lui arriva les mêmes aventures qu’à son frère qu’il rencontra

    dépouillé de tout dans la ville des plaisirs. Malgré cet exemple, il y mena une vie dissipée, oubliant complètement et son père et la couronne promise à celui qui pourrait ramener le grand merle blanc. De sorte qu’un an après son départ, le roi n’en avait encore reçu aucune nouvelle.] Séquence 4

     

    [Alors le cadet dit à son père :

    - Sire, si vous le permettez, j’irai, moi aussi, à la recherche de la bête merveilleuse, et, dieu aidant, j’espère vous revenir avant trois mois. Faites-moi donner un peu d’argent. Je n’ai pas besoin d’armes et de cheval pour faire ce voyage. C’est à ma bonne étoile que je remets le soin de mon succès.] Séquence 5

     

    [Après quelques difficultés, le roi laissa partir son dernier fils.

    Cinq jours après avoir quitté le palais de son père, le prince traversait une forêt lorsqu’il entendit crier une bête. Courir dans cette direction et arriver auprès d’un renard pris au piège fut pour lui l’affaire d’un instant ému de pitié, le jeune prince débarrassa le renard qui le remercia en lui disant :

    - Ecoute, tu m’as sauvé la vie. Pour te récompenser de ton bon cœur, je me mets à ta disposition, quand tu auras besoin de mon assistance, tu diras : « Renard, renard, passe monts et vallées, j’ai besoin de ton secours». Je viendrai, et il n’est point de chose qui puisse me résister. Je sais que tu vas t’emparer du merle blanc. Il se trouve à deux lieues d’ici à cent pas de la grosse tour de la ville. Il est dans une grotte gardée par deux dragons. Pour endormir ces bêtes, tu prendras seize pains de quatre livres et deux oies. Tu mettras tremper les pains dans l’eau-de-vie et tu iras près de la grotte jeter ces provisions aux dragons. Une heure après, le merle blanc sera en ta possession. Cours, et surtout fis diligence. Un dernier conseil, ne rend service à personne avant que je t’ai vu. Adieu !] Séquence 6

     

    [Ayant ainsi parlé, le renard disparut dans la profondeur des bois.

     

    Resté seul, le prince continua sa route et arriva bientôt aux portes de la ville où sa mise simple ne le fît pas remarquer. Ayant entendu le bruit de la trompette dans une rue voisine, il s’y rendit et vit nombreuse populace entourant les officiers du roi qui annonçaient l’exécution pour le lendemain matin de deux princes étrangers coupables de haute trahison.

     Le jeune homme ne douta pas que ce ne fusent ses deux frères. Il alla chercher les pains, les oies et l’eau-de-vie qui lui étaient nécessaires, et partit pour rejoindre la grosse tour de la ville. Il y arriva, compta cent pas en allant droit devant lui et trouva effectivement la grotte du merle blanc. Une grande odeur de soufre le suffoqua, mais il s’approcha et jeta aux dragons les provisions qu’il avait apportées.] Séquence 7

     

    [Une heure après le fameux merle en sa possession. C’était un oiseau gigantesque, dont les ailes brillaient comme le soleil.

     

    - Que veux-tu de moi ? demanda l’oiseau ; parle ! Je suis à tes ordres.

    - Je voudrais d’abord que tu me fasses délivrer mes deux frères qui sont prisonniers du roi.

    - Soit ! Monte sur mon cou et je t’y conduirai.] Séquence 8

     

    [Ce disant, le merle blanc se rapetissa tellement qu’il ne parut plus gros qu’un coq. Le prince enfourcha ce nouveau coursier et se trouva bientôt au milieu de ses frères qu’il enleva au nez de leurs gardiens ébahis.

    Malgré le bon service que venait de leur rendre le cadet, les deux princes ne songèrent, aussitôt libres, qu’à s’emparer de la bête merveilleuse.

     

    - As-tu vu, dit l’un, la belle carrière d’or qui se trouve là-bas ?

    - Non, je n’ai pas songé à la regarder en passant.

    - Alors, venez la voir.

     

    Et les trois frères de s’approcher du gouffre. Pendant que le cadet se penchait pour mieux voir, il fut poussé par ses deux frères et tomba au fond de la mine.] Séquence 9

     

    [Lorsqu’il revint à lui, il songea au renard qu’il avait sauvé et se mit à crier :

    - Renard, passe monts et vallées, j’ai besoin de ton secours !

     

    Ces mots étaient à peine prononcés que déjà le renard était auprès de lui, et en léchant les plaies que lui avait faites sa chute au fond du souterrain, le guérit complètement.

    - Maintenant que te voilà guéri, lui dit le renard, il te reste à sortir du trou. A cet effet, tu vas te tenir à ma queue et je te remonterai. Ne t’avise pas de lâcher ma queue, car ce serait à recommencer. Tiens-toi  bien,  je Monte !

    Et le renard monta en l’air, traînant après lui le prince cramponné à sa queue. Le renard allait atteindre le bord du gouffre lorsque le prince, fatigué, lâcha le renard et retomba tout meurtri, au fond du gouffre.

     

    Le renard revient trouver le jeune prince, le ranima et lui fit recommencer l’ascension du souterrain.

    Cette fois, le prince arriva en terre ferme.

    Après avoir remercié le renard des services qu’il lui avait rendus, le jeune prince s’en alla rejoindre le château de son père.] Séquence 10

    [Avant d’y arriver, il se vêtit d’un habit de garçon de ferme, teignit le visage et vint demander

    au roi son père, qui ne le reconnut pas sous ses habits d’emprunt, de lui donner la garde du merle blanc que ses frères avaient rapporté comme leur conquête. Il fut accepté.

     

    Il apprit alors que le merle blanc avait déclaré au roi qu’il ne le rajeunirait pas si on ne lui amenait pas celui qui l’avait conquis sur les deux dragons. Les deux princes avaient dit à leur père que c’était eux-mêmes qui avaient pris la bête, et que c’était pour se venger que le merle blanc disait que ce n’était pas eux qui l’avaient pris.] Séquence 11

     

    [Dès que le jeune prince fut entré dans la salle où se trouvait le merle blanc, il vit l’oiseau s’abaisser et lui commander de monter sur son cou, ce qu’il fit. Une seconde après, tous deux étaient dans la salle du roi à qui ils racontèrent les supercheries des deux princes.

     

    Outré de colère, le roi fit dresser deux bûchers dans la cour du palais, y fit lier ses deux fils aînés et les fit brûler vifs. Puis il prit la couronne et la donna au jeune prince.

     

    Un instant après, le vieux roi était redevenu jeune, grâce au fameux merle blanc.] Séquence 12

     

     

    Conte Français

     

    Questions 

    1.      Séquentialisez ce récit selon l’analyse de Bremond.

    2.      Dégagez ses actants selon le schéma de Greimas.

    3.      Dégagez les fonctions y accomplies selon l’analyse de Propp.

    4.      Quelles impressions avez-vous de ce récit ?

     

    Réponse 1 

    A retenir, mes cher (e)s étudiant(e)s :

    La séquence est un ensemble cohérent, c’est-à-dire qu’elle présente une ouverture sans antécédent direct et une fermeture sans conséquence directe Formant ainsi des unités d’analyse intermédiaires, plus réduites que les étapes (étapes du schéma quinaire), plus étendues que les (les fonctions). On considère qu’il y a séquence dès que l’on peut isoler une unité de temps, lieu ou d’action, voire de personnages.

     

    D’après l’analyse de Bremond, nous pouvons tires du texte 12 séquences :

    Séquence 1 : [Un roi…………simple d’esprit] présentation des personnages : le vieux roi et ses trois fils.

    Séquence 2 : [Un certain jour…………par ma couronne] réunion du roi avec ces trois fils.

    séquence 3 : [L’aîné. …………de retour] l’arrivée de l’aîné dans la grande belle ville.

    Séquence 4 : [Voyant cela…………nouvelle] l’arrivée du second fils dans la ville des plaisir où il affronta les mêmes aventures.

    Séquence 5 : [Alors. …………succès] le cadet demande la permission pour aller à la recherche de la bête merveilleuse.

    Séquence 6 : [Après. …………Adieu !] après cinq jours, le cadet traversa la forêt et rencontra le renard.

    Séquence 7 : [Ayant. …………apportées] l’arrivée du cadet aux portes de la ville où les officiers annonçaient l’exécution de ses deux frères, ainsi la découverte de la grotte.

     séquence 8 : [Une heure après. …………conduirai] la rencontre du merle blanc.

    Séquence 9 : [Ce disant …………la mine] le prince est agressé par ses frères malgré son service rendu à eux.

    Séquence 10 : [Ces mots …………son père] le renard sauve le prince.

    Séquence 11 : [Avant  …………pris] l’entrée déguisement du cadet dans le château et la découverte de la trahison de ses deux frères.

    Séquence 12 : [Dès que …………au fameux merle blanc] punition des menteurs, le roi retrouve la jeunesse, et le cadet récompensé.

     

    Réponse 2

    A retenir, mes chers étudiants :

    Pour découvrir comment se répartissent les différents rôles actanciels d’un récit, on lui appliquera les questions suivantes :

    1.      Qui (destinateur) manque de quoi (objet) ?

    2.      Qui (destinataire) obtient quoi (objet) ?

    3.      Qui (héros « sujet ») moyennant l’engagement dans une quête permet le passage du manque à l’obtention ?

    4.      Qui (adjuvant) favorise la quête ?

    5.      Qui (opposant) entrave la quête ?

     

    En étudiant le conte du merle blanc, il est possible de dégager la matrice suivante

     

    La morphologie du conte. Le cas du conte le merle blanc.

     

     

     

    Réponse 3


    On peut dégager quelques fonctions selon l’analyse de Propp.

     

    Exemples : 

     0  Situation initiale : c’est une ouverture, présentation des personnages (le roi et ses trois fils)


     1 Éloignement : les trois fils du roi sont partis. 

            2 Interdiction : le père interdit au cadet d'aller à recherche du merle blanc.  

            3 Transgression de l'interdit : le fils cadet vas transgresser la volonté du père.  

            5 Tromperie : il est agressé par ses frères. 

     14 Le don : le héros est en possession d'un pouvoir magique ( ici le renard).  

         17 Marque : le héros « le cadet » a été blessé. 

            20 Retour : le prince est revenu au château. 

            22 Secours : le héros « le cadet » est secouru par le renard. 

            23 Arrivée incognito : le cadet arrive au château sans être connu. 

            26 Tache accomplie : le cadet réussit d’avoir le merle blanc. 

            30 Punition : les deux frères « faux héros » sont punis.  

            31 Mariage : ici l'accès  du fils cadet au trône.  

    Important : VOUS POUVEZ DÉGAGER PLUSIEURS FONCTIONS. EN JUSTIFIANT PAR DES EXEMPLES TIRES DU TEXTES. 

    Annexe 

     

    Schéma narratif selon Greimas :

    Situation initiale 

    La vieillesse du roi qui vit avec ses trois fils. 

    Élément déclencheur 

    Venir en aide au roi afin qu'il retrouve sa jeunesse. 

    Péripéties 

    Péripétie 1 

    Le départ du premier fils. 

    Péripétie 2 

    Le départ du deuxième fils. 

    Péripétie 3 

    Le départ du troisième fils. 

    Péripétie 4 

    Le cadet prend possession du merle blanc. 

    Dénouement 

    Le cadet est reconnu par le merle blanc et les menteurs sont démasqués. 

    Situation finale 

    Le roi retrouve la jeunesse et le cadet récompensé.

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  • Cours réalisé par Zoubir YAHIAOUI

    L’énonciation

    L’énonciation c’est la  production linguistique d’un énoncé par un individu donné dans une situation de communication précise. L’énonciation s’oppose ainsi à l’énoncé, car celui-ci est le résultat de l’énonciation.

     

    LES CARACTÉRISTIQUES DE L’ÉNONCIATION

    En faisant l’analyse d’un énoncé, on peut faire l’abstraction des conditions de sa production. Cependant l’étude de l’énonciation implique la prise en considération de certains facteurs qui relèvent  de la situation de communication parmi lesquels il convient de citer :

    1)  Les acteurs de la communication, c’est-à-dire le locuteur et le destinataire ;

    2) Le cadre spatio-temporel de l’énonciation ;

     

    3) Plus généralement, tout élément dont la présence dans la situation de communication est considérée comme pertinent dans le processus d’énonciation. 

     Les indices de l’énonciation :

    Les indices personnels : ce sont des mots (pronoms personnels, possessifs, et adjectifs possessifs).

    Ex. : Je t’ai envoyé mon adresse par SMS.

    Les indices spatio-temporels : Ce sont des adverbes de lieu (ici, là-bas, tout près…) et de temps (aujourd’hui, demain, maintenant, bientôt…) et les temps des verbes.

    Les indices de jugement : ce sont des mots qui traduisent la subjectivité du locuteur. Les indices de jugement ou les modalisateurs sont :

    Des verbes : (penser, affirmer, croire, douter…) ;

    Des adjectifs employés avec des tournures impersonnelles : (il est certain, il est probable, il est possible…).

     Des adverbes : (probablement, sans doute, certainement, incontestablement…).

     

    Énoncé coupé de la situation d'énonciation :

    Un énoncé coupé de la situation d'énonciation : ne comporte aucun indice ou embrayeur qui fait référence à la situation de communication :

    (1) Lundi 15 septembre 2015, devant l’université de Constantine 1, Salima dit à Ahmed : « Les Allemands ont envahit la France en 1939 ».

    L'énoncé «Les Allemands ont envahit la France en 1939 » est produit par la situation d'énonciation suivante.

    - L'énonciateur est « Salima».

    - Le destinataire est « Ahmed».

    - Le lieu de l'énonciation est « devant l’université de Constantine 1 ».

    - Le temps de l'énonciation est le «Lundi 15 septembre 2015 ».

     Cet énoncé ne comportant aucun embrayeur ou indice permettant de mettre celui-ci en relation avec sa propre situation d'énonciation, cet énoncé doit donc être analysé comme « coupé » de la situation de communication. C’est un récit. 

     

    Énoncé ancré dans la situation d'énonciation :

     (2) Lundi 15 septembre 2015, devant l’université de Constantine 1, Salima a dit à Ahmed : « Demain, je t'attendrai ici ». Cet énoncé contient des indices qui référent à la situation d’énonciation :  

    - L'adverbe « demain » est un indice  temporel, signifiant précisément le « mardi 16 septembre 2015 ».

    - Le pronom personnel « je » est un embrayeur de la première personne désignant l'énonciateur, soit « Salima ».

    - Le verbe « attendrai » — plus précisément, sa terminaison (« ai » : futur de l'indicatif, première personne du singulier) — est également un embrayeur de la première personne désignant l'énonciateur, soit « Salima ».

    - Le pronom personnel « t' » est un embrayeur de la deuxième personne renvoyant au destinataire, soit « Ahmed ».

    - Enfin, l'adverbe « ici » est un embrayeur spatial, signifiant précisément « université de Constantine 1».

     Ce troisième énoncé est donc « ancré dans la situation d'énonciation ». Cet énoncé est un discours.

     Voici un tableau de synthèse :

               Énoncé                Exemples                           Indices         personnels  Indicateurs de temps et de lieu   Temps des    verbes                                                Modalisateurs      
     Énoncé ancré dans la situation d’énonciation  Lettre,
    Récit à la première personne,
    Journal intime,
    Dialogue,
    Autobiographie
     Pronoms personnels et possessifs de la première et 2ème personne (Je, me, moi, tu, vous, le mien, le vôtre…)
    -Déterminant possessifs de la 1ère et 2èmepersonne (mon, vos…) = déictiques*
     

    (près d’) ici, dans cette pièce, dehors, aujourd’hui,
    Hier, demain, dans un an

     Présent d’énonciation, passé composé, futur, imparfait…  Adverbes : sans doute, certainement, peut-être, absolument
    - Verbes : croire, douter, ignorer, pouvoir…
    - Adjectifs péjoratifs ou mélioratifs
     Énoncé coupé de la situation d’énonciation  Récit (à la 3ème personne surtout  Pronoms personnels de la 3ème personne :
    Elle(s), il(s), eux, leur..
     (non loin de) là, dans sa chambre, à l’extérieur, ce jour-là
    La veille, le lendemain, un an après.
     Passé simple, imparfait
    Présent de narration ou de vérité générale.
     

    Source : http://www2b.ac-lille.fr/weblettres/productions/Pompei/enonciation.htm. (Consulté le 18/09/2015). Cliquez sur ce lien pour bien visualiser le tableau. 

    Exercice : dis si l’énoncé suivant est ancré ou non dans la situation de communication :

     Lundi 19 janvier 2015, à la bibliothèque centrale de l’université, Loubna  a dit à Nacim : « Qui n’avance pas recule. »

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